Cavaliers et chemins : les règles à connaître avant de partir
Balisage équestre, charte de signalisation, partage des chemins avec les autres usagers : ce que les documents fédéraux disent des règles de circulation à cheval.
- 16/09/2026
- Balades et randonnées
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Écrit par la rédaction de Selle et Sentier. Corrections et questions : contact@centre-equestre-anduze.com.
Un chemin balisé pour les chevaux n’est pas un chemin réservé aux chevaux, et c’est souvent la première chose qu’un cavalier découvre en sortant du manège. Une marque orange sur un arbre ne veut pas dire que le sentier appartient aux randonneurs équestres : elle veut dire qu’un itinéraire a été reconnu, décrit et signalé comme praticable à cheval ou en attelage. La Fédération française d’équitation publie les règles qui encadrent ce balisage, et son site est le point de départ pour comprendre qui décide quoi sur un sentier.
Ce que la Charte officielle du balisage recouvre
La Charte officielle du Balisage et de la Signalisation est éditée par la Fédération française de randonnée pédestre. Elle regroupe et explique les règles applicables au balisage des itinéraires de randonnée, toutes pratiques confondues : pédestre, équestre, VTT. Le document existe en une édition 2019, consultable en pdf.
La charte ne se contente pas de dire où peindre une marque. Elle propose des préconisations et des conseils techniques de signalisation qui tiennent compte des caractéristiques environnementales, paysagères et humaines des espaces dédiés à la randonnée. Elle consolide aussi des solutions de balisage et de signalisation qui prennent en compte l’environnement et la biodiversité. Autrement dit, la manière de baliser dépend autant du milieu traversé que du public visé.
Les marques équestres existent depuis plus de vingt ans
Depuis plus de vingt ans, les itinéraires de randonnée équestre disposent de leur propre marque de balisage officielle. Elle est déposée par la Fédération française d’équitation à l’Institut national de la propriété industrielle. Ce dépôt n’est pas un détail administratif : il donne à la fédération un droit de propriété sur la marque, et donc la possibilité d’en contrôler l’usage.
Ces marques s’adressent à la fois aux cavaliers et aux meneurs. La distinction compte, parce qu’un attelage ne passe pas partout où passe un cheval monté. Quand une portion d’itinéraire est inaccessible aux attelages, pour un rétrécissement de la voie, un sol inadapté ou un passage dangereux, un itinéraire bis est mis en place avec un balisage spécifique destiné aux attelages : une balise spécifique attelage, complétée par une marque de direction. Le conducteur sait ainsi qu’il doit contourner, sans avoir à descendre de son siège pour aller voir plus loin.
Qui a le droit de poser ces marques ?
L’utilisation des marques de balisage officielles est soumise à l’autorisation de la FFE-CNTE, qui en est propriétaire. Concrètement, un comité d’équitation ou de tourisme équestre, une collectivité territoriale ou tout autre aménageur intéressé par l’application de ce balisage doit compléter une demande d’utilisation des marques officielles de balisage équestre. La demande se dépose auprès de la fédération, et le droit d’usage ne se présume pas.
Cette règle protège la lisibilité de l’ensemble. Les marques officielles ont été élaborées en concertation avec les fédérations de randonnée pédestre et de cyclotourisme, et elles sont reconnues dans la Charte officielle. Cette reconnaissance assure, au niveau national, une cohésion entre les balisages des différentes pratiques. La multiplication de marques directionnelles locales serait source de confusion pour les usagers des itinéraires, qui ne sauraient plus à quelle pratique se fier. Pour retrouver l’ensemble du dispositif fédéral, le référentiel du balisage équestre rassemble la charte et les marques.
À quoi sert vraiment un balisage équestre
Le balisage équestre a deux rôles, et le second est souvent oublié. D’une part, il permet aux randonneurs équestres de se repérer sur l’itinéraire, de ne pas se perdre et de ne pas emprunter des chemins inadaptés. D’autre part, il indique aux autres usagers que le chemin balisé est emprunté par des chevaux et des attelages. Cette information contribue à l’aménagement et à la sauvegarde des chemins : un sentier dont on sait qu’il est utilisé se défend mieux qu’un sentier anonyme.
La même signalétique a servi au balisage équestre de la Route européenne d’Artagnan en Belgique. Le système n’est donc pas enfermé dans les frontières françaises, et un cavalier qui part à l’étranger peut retrouver des repères comparables.
Le partage du chemin avec les autres usagers
Un itinéraire balisé n’est jamais réservé à une seule pratique. La charte existe précisément parce que piétons, cavaliers, meneurs et vététistes se croisent sur les mêmes voies. La cohésion entre balisages vise à éviter qu’un usager suive une marque qui ne correspond pas à sa pratique et se retrouve sur un terrain inadapté.
Pour un cavalier, cela implique de lire le balisage comme une information, pas comme un droit de priorité. La page de la fédération ne fixe pas de règle de courtoisie entre usagers, et il faut se reporter aux usages locaux et à la signalétique du site pour les comportements attendus. Ce que la page établit, en revanche, c’est la logique d’ensemble : une marque nationale, une couleur identifiable, une autorisation préalable pour la poser.
Devenir baliseur équestre, à quelles conditions ?
La fédération propose depuis septembre 2011 des formations au balisage destinées aux bénévoles qui souhaitent s’impliquer dans le développement des itinéraires de randonnée équestre. Deux conditions sont posées pour y accéder : avoir plus de 18 ans et posséder une licence FFE en cours de validité. Les sessions sont organisées par les comités régionaux et départementaux de tourisme équestre, et plusieurs sont programmées dans différentes régions tout au long de l’année.
La formation dure une ou deux journées. Son objectif est l’acquisition des connaissances et des techniques adéquates pour réaliser un balisage efficace, propre et respectueux de l’environnement. Le programme couvre quatre blocs : les connaissances générales sur l’organisation de la fédération et du tourisme équestre en France ; les connaissances juridiques relatives aux différents statuts des chemins, aux responsabilités engagées et à l’utilisation des marques officielles ; la lecture de carte et l’orientation ; les outils, techniques et principes de balisage. Les éléments de sécurité et le respect de l’environnement font également partie du cursus et sont abordés tout au long de la formation.
À l’issue de la formation, le participant accède au statut de « baliseur équestre », officialisé par son inscription sur la licence FFE. Ce statut est valide quatre ans.
Sur le terrain, ce balisage se lit avec la page Balisage et signalétique des sentiers cévenols ; la rubrique Balades et randonnées rassemble le reste des sujets de chemin.
La rédaction de Selle et Sentier / contact@centre-equestre-anduze.com


